L’oracle et l’oiseau enchanteur

Un cri retentit alors. Le cri le plus mélodieux qu’on n’ait jamais entendu. Plongés dans leur conversation, Lyn et les autres n’avaient pas remarqué que presque tout le monde avait rejoint sa place et tournait son regard vers la scène.

Elysië était habillée d’un habit de plumes multicolores et poussait des petits cris qui ressemblaient beaucoup à des chants d’oiseaux. Sa voix plongeait et remontait, certaines notes se brisaient net tandis que d’autres étaient magnifiquement prolongées en un vibrato époustouflant. C’était un chant joyeux et triste à la fois, un chant si beau qu’il faisait vibrer votre être en entier. La foule subjuguée gardait un silence complet. Les spectateurs ne quittaient pas des yeux l’oiseau de paradis bien ancré sur scène qu’était Elysië, qui donnait pourtant l’impression d’être prête à s’envoler à tout moment.

Après un temps qui parut bien trop court à la foule, l’enchantement fut brusquement brisé. Les Eriuns auraient pu écouter Elysiê chanter toute l’éternité.

Elysië quitta la scène, et le décor changea. Un homme était couché au pied d’un arbre. Un arbre qui paraissait avoir véritablement poussé sur la scène. Lyn comprit très vite qu’un illusionniste très doué avait dû créer les décors. Une musique s’éleva alors, jouée par des instruments à corde. L’homme couché sur scène se leva et commença à chanter d’une magnifique voix grave. Dans ses rêves, il avait entendu un bel oiseau chanter. Nuit après nuit, le chant avait imprégné ses rêves, et il refusait de le quitter au réveil. Le chanteur chantait son obsession et son désir d’en découvrir la source. On le vit faire appel à la magie pour trouver l’origine de cette voix, et le décor changea de nouveau en une magnifique démonstration d’illusion. Perché sur un arbre au milieu d’une forêt, un oiseau au plumage similaire au costume d’Elysië chantait. La compagne de Tàin lui prêtait sa voix. Puis le chanteur entama un autre chant durant lequel le décor changeait selon les contrées qu’il traversait pour rechercher le magnifique oiseau. Des danseurs firent leur apparition pour rendre les aventures chantées par le chanteur au cours de son voyage plus vivantes encore. Le chanteur finit ainsi par arriver au pied de l’arbre où était perché l’oiseau, et les danseurs quittèrent la scène.

Le chant suivant fut plutôt court. Le chanteur suppliait l’oiseau de l’accompagner chez lui ou de le laisser en paix car il ne connaissait pas le repos depuis qu’il l’avait entendu chanter. Il repartit et l’oiseau le suivit, chantant pour l’homme pendant tout le voyage de retour, perché sur son épaule ou voletant autour de lui. L’oiseau frottait souvent sa tête et ses ailes sur la joue du chanteur, qui prenait plaisir à caresser affectueusement le corps chaud et doux de la petite créature. Vint un chant d’une tristesse infinie sur les étoiles. Loin de l’apaiser, la compagnie de l’oiseau n’avait fait qu’exacerber le tourment du chanteur. Il s’était pris à aimer tellement l’oiseau qu’il était presque sûr de mourir si jamais il venait à s’envoler loin de lui. Entendant cela, l’oiseau vint se poser dans la main tendue du chanteur, qui déposa un baiser très tendre sur la tête duveteuse offerte. Il se passa alors une chose extraordinaire. Un rideau de feu s’éleva tout à coup devant la scène. Quand le feu retomba, Elysië se tenait à la place de l’oiseau. Devant un public et un chanteur émerveillés, elle chanta son histoire. Désireuse de voler, voyager, voir le monde, l’elfe avait passé un pacte avec une puissante magicienne, qui l’avait transformée en oiseau. Le seul moyen de briser le sort était de se faire aimer avant que ne s’écoulent cent ans, sans quoi le sort serait définitif. L’oiseau fut heureux des années durant. Un jour pourtant, il fut fatigué de cette vie, et il décida de chanter, chanter jour et nuit jusqu’à ce qu’une personne qui pourrait l’aimer sincèrement vienne à lui. Et le chanteur était arrivé.

Un magnifique chant d’amour en duo débuta alors. Quand il cessa, tous les spectateurs se retrouvèrent avec un sentiment de vide en eux, et Lyn se surpris même à pleurer. Le public se leva et applaudit à tout rompre. Tàin, qui s’était glissé près d’Ilio lorsque le premier chant avait éclaté, n’y tint plus et courut rejoindre Elysië sur scène. Il l’embrassa passionnément, et les cris du public redoublèrent.

C’est leur histoire qui vient d’être jouée, cria Ilio pour se faire entendre.


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