Auteur invité : Eudes Nouvelot

Devant le succès du cycle « La maison sur la plage » sur mon blog, j’ai demandé à Eudes d’écrire un article sur la genèse de son roman. Il nous parle également des rapports entre fiction et réalité dans l’histoire d’Antoine et d’Anna. Je lui laisse donc le soin de conclure ainsi le cycle d’articles qui lui sont consacrés :

J’ai écrit « La Maison sur la plage » en deux temps. En 2014, une première version se présentait comme une histoire de 100 pages environ, un flirt nocturne en bord de mer. Sur le conseil de deux relecteurs, je l’ai reprise ensuite pour aboutir à la version plus longue, plus sombre et plus complexe que voici. J’en ai profité pour ajouter un prologue et un épilogue (dont une lettre) qui donnent à l’ensemble l’allure d’un hommage. Ce faisant, je me suis inspiré d’un roman de Richard Matheson que j’aime beaucoup (Le Jeune homme, la mort et le temps. Editions Denoël. Collection Présence du futur)

Sa nature est mixte (à la fois récit de voyage, confessions et roman). L’histoire est inspirée par plusieurs voyages (Dans le Sinaï et en Israël) et deux rencontres que j’ai faites à cette occasion. La première personne était une jeune Italienne venue en Israël pour un stage de yoga. C’est avec elle que j’ai fait cette promenade nocturne en bord de mer. Et c’est elle qui m’avait inspiré la première mouture du roman.

La seconde était une jeune Russe installée à Dahab. C’est avec elle que j’ai fait ces excursions dans le Sinaï dont il est question dans le post-scriptum. Et c’est elle qui m’a raconté la mort de son père (dans des conditions proches de celles du roman). Cette jeune Russe est bien vivante et en pleine forme, Dieu merci ! Elle est retournée en Sibérie et nous sommes restés en contact.

Le personnage d‘Anna est un mélange de ces deux femmes. Les péripéties de la soirée sont inspirées des moments que j’ai passés dans les deux pays avec l’une et l’autre. Le personnage de Rémi est inspiré à la fois de mon frère et d’un ami. Pour ce qui est d’Antoine, c’est globalement moi (avec des traits de caractère quelque peu exagérés).

Le roman couvre donc trois époques et trois lieux différents : France 2015 (pour le prologue et le post-scriptum). Israël 2008 (pour le corps du roman). Russie 1998 à 2000 (pour le récit d’Anna).

Pour ce qui est du style, il répond à mes propres goûts. J’aime écouter les gens que je croise en voyage. J’aime les revoir. J’aime les mots (leur sonorité, leurs sens cachés) mais aussi les silences dans la conversation. J’aime les grands auteurs russes et français pour la pureté de leur style, leur aptitude à décrire l’âme humaine. C’est tout cela que j’ai essayé de transcrire dans cette histoire.

Puisque c’est la rencontre d’Anna qui m’a donné l’idée de cette deuxième mouture, son récit final devait être le point d’orgue de l’histoire. La découverte de la maison est l’aboutissement de leur promenade mais le récit d’Anna est l’aboutissement de leur relation. Un tel secret partagé scelle leur amitié bien plus encore que leur étreinte qui va suivre.

Ce récit diffère du reste du roman à plus d’un titre : Anna est le narrateur et non Antoine ; il est sombre alors que le reste est plus léger ; il est écrit en prose alors que le reste comprend beaucoup de dialogues. Tout le reste tourne autour de cet axe et vise à développer chez le lecteur la même impatience qu’éprouve Antoine, la même envie de découvrir cette femme, de percer son mystère, de la retrouver après qu’ils se sont quittés. On doit se sentir attiré par Anna, ressentir de l’effroi en apprenant ce qui est lui arrivé, de la peine en la voyant pleurer ou en apprenant qu’elle a disparu. C’est pourquoi ses révélations se font à la fin du roman.

La fin est tragique : on sait qu’Antoine est mort et on soupçonne qu’Anna l’est aussi. Mais dans mon esprit, l’histoire n’est pas terminée. Rémi explique dans le prologue qu’il est à la recherche d’Anna et il le répète dans le post-scriptum. Je voulais laisser à penser qu’il était en quelque sorte tombé amoureux d’elle à son tour, à travers les yeux et le journal de son frère.

Je voudrais écrire une suite qui raconterait dans quelles circonstances Rémi finit par retrouver Anna (en Sibérie où elle est retournée), ce qu’elle est devenue, comment elle accueille le livre que Rémi lui remet, et comment évolue leur relation à tous deux.

Je prévois donc un nouveau voyage en Russie (Moscou, Transsibérien et Sibérie). Un voyage où je jouerai le rôle de Rémi, pour retrouver mon inspiratrice et lui remettre le roman. C’est ce voyage qui donnera la trame du livre à venir. A paraitre – si tout va bien – en 2019 ou 2020 😉

Pour lire les autres articles consacrés à Eudes et à son roman, c’est par ici :

critique

interview

 

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