Fredan

Après un bon moment à cette allure effrénée, elle dut s’arrêter pour faire une pause. Elle s’assit au bord de la route pour boire un peu et manger un morceau. Elle ne fit pas attention au cavalier qui arrivait. Ce n’était pas le premier qui croisait sa route ce jour-là. Ce n’est que quand elle vit les jambes du cheval s’arrêter à sa hauteur qu’elle leva les yeux. Un sourire s’épanouit sur son visage quand elle reconnut le cavalier.

– Fredan ! l’apostropha-t-elle joyeusement.

– Lyn ! Je savais que c’était toi !

Il démonta pour serrer sa petite sœur dans ses bras.

– Je n’ai pas besoin de te demander comment tu vas, je vois bien que la vie au temple te réussit, remarqua Lyn en riant.

– En revanche, toi tu n’as pas bonne mine, rétorqua Fredan. Mais viens, ne restons pas là, nous aurons tout le temps de discuter au temple…

Il remonta en selle et lui tendit les rênes d’une petite jument blanche.

– Je me suis dit que tu ne serais pas fâchée de ne plus avoir à marcher, dit-il avec un sourire.

– Et tu as eu raison, répondit Lyn en enfourchant la jument. Mais comment as-tu su que j’étais en chemin pour Fuòlivel ?

– Une nymphe me l’a dit.

– Isadora ?

– C’est cela. Elle est arrivée au temple à l’aube. Elle a sollicité la protection des serviteurs d’Aëlia pour toi ainsi que toute l’aide que nous pouvons t’apporter, car tu serais investie d’une mission sacrée. Alors quand elle a dit que tu arrivais, je me suis dit que je viendrais te chercher pour te faire gagner du temps et t’éviter de coucher dehors cette nuit…

– C’est très gentil à toi, dit Lyn en talonnant sa monture. Isadora t’a-t-elle parlé de cette mission ?

– Non, elle est repartie aussi vite qu’elle était venue. Mais ça doit être important, pour que même toi tu te décides à quitter Teo pour parcourir le vaste monde…

– Oui, ça l’est, répondit Lyn.

Le nœud se reforma aussitôt dans sa gorge, et elle ne put rien dire de plus. Fredan se mordit la lèvre, peu fier de sa maladresse. Il ne sut quoi dire pour se rattraper, alors il préféra se taire.

Ils grignotaient en selle pour gagner du temps et ne firent qu’une courte halte à la tombée de la nuit pour laisser souffler leurs montures. Puis il reprirent leur route, peu désireux de passer la nuit dehors alors qu’ils étaient si proches du temple.

Les humains comme les chevaux étaient exténués lorsqu’ils arrivèrent au temple. Lyn eut tout juste la force de se laisser glisser de sa selle et de suivre son frère jusqu’à un dortoir avant de sombrer dans un sommeil sans rêves.

Pour rester au temple, c’est ici (prochainement). Pour en apprendre plus sur Fredan, c’est ici (prochainement)

 

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