Débats

Le procès commença la semaine suivante. Comme c’était le comte de Sigiberg qui avait insisté pour qu’un procès eût lieu, le duc le chargea de conduire l’accusation, ce dont le comte fut ravi. Bien sûr il ne le montra pas. Aergad assurait sa propre défense, épaulé par Kataryn. L’avoir à ses côtés et la certitude qu’elle le savait innocent l’aiderait à garder son calme. Il devrait avoir l’air sûr de lui s’il voulait convaincre le Conseil de son innocence.

Le comte de Sigiberg accusa Aergad d’assassinat, avançant pour preuve l’épée. Ce n’était pas une arme réglementaire dans les tournois, c’est pourquoi il soutint qu’Aergad avait prémédité la mort de Théodebert. Aergad se défendit en arguant qu’aux Fêtes de Printemps, on ne connaissait pas son adversaire à l’avance. Les combattants étaient désignés par tirage au sort.

– Mais vous, vous saviez que vous prendriez part au premier combat, avança Sigiberg.

– Certes, comme tout le monde le sait, c’est au champion de Dame Kataryn d’ouvrir les combats convint Aergad.

– Et quand avez-vous appris que vous combattriez sire Théodebert ?

– Juste avant d’entrer dans le cercle.

– Vous voyez ? claironna Sigiberg à la ronde. Rien ne l’empêchait de changer d’arme avant d’entrer en lice.

– Voyons, c’est complètement ridicule ! s’écria le comte de Lothar, un vieil homme à l’imposante moustache argentée. S’il avait réellement voulu tuer sire Théodebert, il n’aurait pas misé sur l’aléa du tirage au sort !

– Sauf s’il pouvait être sûr de son issue, objecta Sigiberg.

– Impossible ! assura la comtesse d’Aryem de sa voix rauque. C’est moi qui suis responsable du tirage au sort. Douteriez-vous de mon intégrité ?

– Pas de la vôtre, comtesse, mais de la sienne. Personne n’ignore que c’est un sorcier ! leur rappela Sigiberg.

– Personne n’ignore non plus que je suis une sorcière, répliqua la comtesse. Une sorcière sans doute plus expérimentée que lui, qui plus est. S’il avait usé de magie pendant le tirage au sort, je l’aurais à coup sûr détecté…

Sigiberg décida de changer de tactique. Il sentait qu’il ne les convaincrait pas ainsi de condamner Aergad. Ce fut la comtesse de Loberg qui vint à son secours :

– N’y aurait-il pas pu avoir magie pendant la joute ? Substitution de l’épée émoussée par l’épée du comte de Sigimond ? demanda-t-elle en fixant son regard vert étincelant sur Aergad.

– Si j’étais capable d’une telle chose, comtesse, ne croyez-vous pas que j’aurais effectué la substitution en sens inverse une fois le « meurtre » commis ? répondit calmement Aergad.


Pour connaître la réaction de la comtesse à cet argument, c’est ici.

Pour connaître la réplique de Sigiberg, c’est ici.

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