Aergad au temple d’Ivelië-Nemu

Aergad se trouvait sur la rive du lac. Devant lui, le temple se reflétait sur les eaux calmes, jetant des miroitements multicolores à sa surface. C’était un spectacle magnifique et apaisant. S’arrachant à sa contemplation, Aergad entreprit de rejoindre le pont de bois orange qui permettait d’accéder au temple. Il croisa quelques moines qui ne firent pas attention à lui. Aergad arrêta l’un d’eux et lui demanda :

– Pardonnez-moi, mais où suis-je ?

Le moine le regarda avec étonnement.

– Au temple d’Ivëlië-Nemu.

Avisant les vêtements sales et déchirés d’Aergad, et son air hagard, le moine s’approcha de lui, plein de sollicitude.

– Avez-vous besoin d’aide ? Au temple, vous trouverez le gîte et le couvert pour cette nuit.

Aergad hésita. Devait-il lui montrer la rune ? Il décida finalement de n’en rien faire. Si cette pierre était le seul moyen de ramener Kataryn à la vie, il valait mieux garder son existence secrète jusqu’à ce qu’il trouve la personne apte à la faire fonctionner.

– J’ai besoin de consulter un spécialiste des runes anciennes, finit-il par dire.

– Alors vous êtes au bon endroit, lui assura le moine. Mais comment se fait-il que vous ayez pu arriver jusqu’ici sans même savoir où vous étiez ?

– C’est une longue histoire, soupira Aergad pour couper court à d’autres questions. Auriez-vous l’obligeance de me conduire vers un spécialiste ?

– Suivez-moi, l’invita le moine.

Sur le pont, ils se frayèrent un chemin à travers la foule dense de pèlerins et de moines, puis ils traversèrent la cour du temple, aussi bondée que le pont.

– Est-normal, toute cette agitation ? demanda Aergad pour faire la conversation.

Il avait remarqué les regards suspicieux que lui jetait le moine de temps à autre.

– C’est le solstice d’été, une fête importante pour notre temple. Curieux que vous ne sachiez même pas quel jour nous sommes…

Mais Aergad ne l’écoutait plus. Le solstice d’été ! Et dire qu’il aurait dû épouser Kataryn ce jour-là… Cette pensée assombrit son humeur. Seule la perspective de la rencontre avec le spécialiste des runes l’empêcha de retourner se terrer sous sa tente.

Perdu dans ses pensées, Aergad ne remarqua qu’ils étaient arrivés à destination que lorsqu’il faillit heurter le moine. Celui-ci frappa à une porte bleue.

Un moine au crâne dégarni vint lui ouvrir. Aergad reconnut l’homme que l’Observateur lui avait montré. Il dissimula un sourire.


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