Promenade dans les bois : Kataryn

Kataryn soupira de contentement à l’idée de s’échapper du château. Il y avait des jours où ses responsabilités lui pesaient trop. Ce jour-là en était un.

Elle avait entendu des doléances toute la matinée. Cette tâche ne la rebutait pas d’habitude. Elle avait toujours plaisir à rencontrer les sujets de son père. Mais hommes et femmes avaient été particulièrement nombreux ce jour-là. L’hiver approchait. Bientôt les routes seraient impraticables pour la plupart, c’est pourquoi les gens affluaient vers la capitale en cette période de l’année. Ils voulaient profiter de leur dernière chance de présenter leurs doléances avant le printemps.

Kataryn avait hâte d’être en hiver. La vie ralentissait en cette saison, et elle pourrait enfin avoir des moments de loisir. Cependant elle devrait attendre un peu avant de pouvoir en profiter. La fin de l’automne connaissait un dernier sursaut d’activité avant l’hiver. C’était toujours une période difficile pour Kataryn.

Heureusement elle avait son refuge, l’endroit où elle avait vécu de grandes aventures avec ses frères lorsqu’ils étaient enfants, un lieu qui leur avait jadis donné l’impression de régner sur leur royaume sylvestre. C’était là qu’elle se rendait d’un pas léger. Ce n’était pas bien loin, seulement à quelques minutes à cheval du château. Tous savaient que lorsqu’elle rejoignait le bois bordant les jardins, il ne fallait surtout pas la déranger.

Ce jour-là, elle avait choisi de gagner le bois à pied. Malgré l’humidité et le vent froid, être dehors lui faisait du bien, après tout ce temps passé enfermée. Elle était heureuse en cet instant, car elle se sentait libre. Elle savourait le froid piquant sur sa peau. Les gens qui la voyaient passer se demandaient comment elle supportait cette température car elle n’avait jeté qu’une simple cape sur ses épaules. Sans doute son sang d’elfe lui tenait-il chaud, se disaient-ils. Mais tout de même, elle était à moitié humaine ! Ne ressentait-elle donc pas ce froid humide qui vous glaçait les os ? Et ils resserraient leurs lourds manteaux de laine autour d’eux en frissonnant.

Contrairement à ce qu’ils pensaient, Kataryn ressentait bien le froid. Simplement cela lui faisait du bien. Elle détestait être enfermée et préférait de loin les grands espaces. Encore quelque chose qu’elle tenait de sa mère…

Elle marchait d’un pas vif. Elle avait du mal à se retenir de courir, mais il aurait été inconvenant à une femme de son rang de s’adonner à un tel exercice. Aussi mesurait-elle son pas.

Kataryn finit par arriver à l’endroit où elle s’asseyait le plus souvent, près d’un ruisseau qui coulait en glougloutant. Non loin de là, une grosse pierre moussue offrait un siège assez confortable. La seule difficulté était de parvenir à s’y asseoir, car elle était relativement haute. Mais Kataryn parvenait encore à crapahuter dans les arbres et les rochers presque aussi bien que lorsqu’elle était enfant. Pas aussi bien, évidemment, car à l’époque elle n’avait pas à porter ces longues robes compliquées qui gênaient souvent les mouvements.

La jeune femme parvint à s’asseoir sur le rocher, ses jambes pendant agréablement dans le vide. Elle soupira d’aise, écoutant le chant du ruisseau. Quand l’hiver serait vraiment là il se tairait, gelé. Elle resta assise là un long moment, jusqu’à ce qu’elle commence à sentir le froid. Alors elle descendit pour continuer sa promenade.


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