Béatrix 1/10

Voici une de mes  » œuvres de jeunesse « . Je l’ai écrite en seconde pendant mes heures d’études…

Il était une fois une jeune fille, seule. Elle s’appelait Béatrix. Elle était orpheline et elle n’avait pas d’amis, car les autres la trouvaient étrange.

Depuis la mort de ses parents, deux ans plus tôt, elle recevait régulièrement la visite d’une drôle de créature qu’elle appelait Humbert, en souvenir de son chat qui avait brûlé en même temps que ses parents.

Humbert était moitié moins grand qu’elle et très, très fin. Il paraissait assez jeune malgré l’immense lassitude qui se lisait dans son regard. Ses vêtements, d’une fine étoffe argentée, semblaient liquide. Il avait une peau dorée, presque scintillante. Béatrix n’aurait pu dire à quelle sorte de créature exactement elle avait à faire, mais elle aimait bien Humbert tout de même. C’était le seul qui compatissait à sa peine, son seule véritable ami. Béatrix et Humbert pouvaient parler ensemble pendant des heures.

La jeune fille avait rencontré cet étrange ami à peine un mois après que l’incendie ait ravagé sa maison et lui ait volé ses parents. Elle venait de rentrer à l’orphelinat dans lequel elle séjournait toujours. Elle n’aimait pas l’établissement en lui-même, mais elle adorait l’endroit où il se trouvait. Elle n’avait qu’à emprunter un sentier zigzagant, derrière le potager, et elle se retrouvait rapidement en pleine forêt. Là, elle s’asseyait sur une pierre et elle écoutait le vent. Parfois aussi, elle pleurait.

Un jour qu’elle s’isolait ainsi pour sangloter, à l’abri des regards et des questions indiscrètes, un bruit lui avait fait relevé la tête. Un être bizarre se tenait devant elle.

– Qui es-tu ? lui avait-elle demandé, un peu effrayée.

– Je suis moi.

– Mais comment t’appelles-tu ?

– On m’appelle Celui-de-la-Pierre, car j’habite sous cette pierre. Derrière-toi vit ma sœur, Celle-du-Chêne-Tordu.

– Quel genre de créature es-tu ? Avait continué Béatrix, que ces réponses étranges avaient intriguée.

La créature avait froncé les sourcils. Puis il avait répondu :

– Nous sommes nous, nous ne nous nommons pas. Mais Ceux-de-la-Mer, nos cousins, nous appellent Ceux-de-la-Forêt. Nous avons toujours vécu dans cette forêt, et notre peuple existe depuis bien plus longtemps que les humains. Nous en voyons peu par ici. Pourquoi es-tu venue t’asseoir sur le toit de ma maison ?

– Pour pleurer mes parents et mon chat. Ils sont m…morts !

Et des larmes avaient de nouveau inondé les joues de la jeune fille. La créature l’avait laissée s’épancher puis, quand elle n’eut plus d’eau salée à verser, Humbert l’avait regardée de ses yeux verts cerclés d’or. Béatrix s’était alors sentie plus calme.

– Ça ne te dérange pas si je reviens demain ? avait-t-elle reniflé.

– Tu es libre d’aller et venir. Ce n’est pas ma forêt.


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