Demande de faveurs

Elle s’arrêta, soulagée.

– Personne ne sait que je vous ai rejointe ici. Je vous ai vue partir, et je vous ai suivie de loin, avoua-t-il. J’ai perdu votre trace quand vous êtes entrée dans le bois. C’est le hasard qui m’a conduit jusqu’à vous.

Kataryn revint sur ses pas.

– Pourquoi vouliez-vous me voir ? demanda-t-elle.

– Pour vous faire sourire…

Idiot, idiot, idiot ! se tança-t-il. Elle avait beau sembler apprécier son insolence, il y avait des limites.

– N’oubliez pas à qui vous parlez, répliqua-t-elle d’un ton tranchant.

– C’est vrai, pardon, ma Dame. J’essayais de détendre l’atmosphère.

– J’étais détendue avant que vous ne veniez m’importuner avec vos plaisanteries douteuses 

– Pardonnez-moi, ma Dame. En vérité je suis venu solliciter une faveur. Je ne voulais pas le faire en public.

– Pourquoi ne pas avoir commencé par là ? fit Kataryn, irritée. Parlez !

– Je souhaiterais passer l’hiver à la cour. Je sais bien que les conseillers sont censés rentrer sur leurs terres pour la mauvaise saison, mais je voudrais participer aux joutes des Fêtes de Printemps. Or comme vous le savez, Sigimond est complètement coupé du monde l’hiver, et ce jusque parfois le milieu du printemps…

– Je n’ai rien contre, mais qui s’occupera de vos terres pendant votre absence ?

– Ma sœur Nelle les administrera pour moi, répondit-il avec un sourire. En fait, la moitié des idées que je vous ai soumises sur la gestion des terres sont d’elle.

Kataryn admira son honnêteté. Même si elle le trouvait profondément agaçant par moments, elle devait reconnaître qu’il possédait d’indéniables qualités. Sa franchise en était une.

– Vous pouvez rester. A une condition, lança-t-elle.

– Laquelle ?

– Soyez mon champion lors des joutes. Il faudra bien que j’en aie un, de toute façon, alors autant que ce soit vous !

Aergad n’en croyait pas ses oreilles.

– Bien sûr, j’accepte, s’empressa-t-il de répondre. C’est un honneur ! Mais puis-je avoir la présomption de demander pourquoi ce choix ?

– Et bien, j’ai le sentiment que vous, au moins, vous ne chercherez pas à m’épouser. Je me trompe ?


Pour connaître la réaction d’Aergad, c’est ici.

Pour en apprendre plus sur les Fêtes de Printemps, c’est ici.


Les lecteurs particulièrement observateurs auront sans doute remarqué que c’est cet extrait qui est photographié dans l’en tête du site…

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