Les retrouvailles

Elle se leva et le prit par la main. Il la suivit docilement, aux anges. Kataryn le conduisit au bord d’un lac et lui montra son reflet. Aergad dut admettre qu’il était redevenu comme avant la mort de sa bien-aimée. Ce qu’il trouva plus étrange encore, c’est qu’ils se trouvaient au bord du Lac Interdit, exactement à l’endroit où Kataryn avait été blessée.

Comment se fait-il que nous soyons ici ? Demanda-t-il.

Parce que je nous y ai emmenés. Maintenant je peux me déplacer à une vitesse incroyable. J’arrivais même à te suivre dans la Voie des Portes !

Alors tout ce temps, tu étais avec moi ? demanda Aergad dans un souffle.

Toujours. Je ne t’ai pas quitté une seconde. Pas une seule. Et mon cœur saignait pour toi. Tu étais si malheureux, alors que j’étais là, tout près de toi…

Brusquement, Aergad comprit. Il n’avait pas remonté le temps. Il avait été détruit par la puissance des runes, comme le Gardien du Livre de Tàin l’avait prédit s’il n’était pas initié. Il songea à tout ce temps passé loin d’elle alors qu’il lui aurait été si facile de la rejoindre. Il réalisa à quel point il avait dû être difficile pour elle d’être toujours auprès de lui sans qu’il ne se rende compte de sa présence. Comme elle avait dû être malheureuse ! Et il s’en voulut de l’avoir fait autant souffrir. S’il avait eu la présence d’esprit, ou le courage de retourner son arme contre lui au lieu de massacrer les hommes du duc lorsqu’il l’avait vue morte, bien des peines leur auraient été épargnées à tous les deux.

Ne sois pas fâché contre toi-même, mon amour. Maintenant nous avons tout le temps d’être ensemble, dit Kataryn en se blottissant contre lui.

Aergad respira avec bonheur l’odeur de ses cheveux. Elle avait raison. Ils étaient deux âmes sœurs qui voyageraient ensemble au gré de leurs envies, comme le faisaient les centaures. Ils avaient l’éternité pour cela.

Aergad et Kataryn n’eurent pas besoin de se consulter pour savoir où ils feraient leur premier voyage. L’Ile Inaccessible apparaissait déjà sur le Lac Interdit. Ils se détachèrent l’un de l’autre mais leurs doigts restèrent étroitement enlacés. Ensemble ils franchirent le barrage de l’eau, faisant fi de la jetée de pierre qui s’avançait vers eux. Ils savaient que cette fois, nul ne pourrait les arrêter, car personne n’en avait le pouvoir. Ils étaient des âmes unies à jamais par un amour invincible.


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